charrieras

Je suis arrivée en 1937 dans le village de "CHARRIERAS" j'avais 10 ans, mes parents étaient métayers à la ferme des ETS. ROULEAU.

Ce petit village calme, serein, très agréable situé en pleine campagne et en bordure de l'Isle, comprenait une ferme, une scierie, une charronnerie et une quinzaine de maisons.

Tout cet ensemble était la propriété des ETS ROULEAU, qui employait tous les hommes des familles logées dans les habitations du village.

La scierie était alimentée en électricité par le moulin de l'écluse de Charrieras. Un petit ilôt (construit par les ouvriers de l'usine) où  se trouvaient les turbines actionnées par l'eau du barrage, qui fournissaient le courant électrique à la scierie et permettaient de faire fonctionner les machines à couper les billes de bois, le parquet, faire la sciure, les ripes etc ....

Grâce à ce moulin tous les habitants du village avait le privilège de recevoir l'électricité chez eux gratuitement, phénomène rare encore à cette époque.

Un tour de garde était tenu à la semaine par les employés de la scierie afin de surveiller le bon fonctionnement et le nettoyage des turbines, mais aussi d'éventuelles coupures de courant.

Ce courant rare, il fallait l'économiser !!!! pour cela un genre de couvre-feu avait été instauré dans le village de Charrieras.

L'hiver la coupure d'électricité pour l'usine et les habitations s'effectuait entre 23 heures et 5 heures du matin, l'été entre 20 heures et 6 heures. Petit inconvénient l'été car les coupures  étaient nombreuses en période de sécheresse lorsque l'Isle était trop basse et ne pouvait alimenter les turbines.

Pendant la guerre de 1939-1942 ce moulin a servi à moudre le grain (maïs, blé, orge seigne etc...) et le mettre en farine. (service rendu gratuitement aux personnes qui portaient le grain au moulin)

 

Il a également été utilisé pour faire l'huile de noix.

De très bons souvenirs.

Trélissac, le 14 février 2010.

Yvonne BUFFIERE.