Trélissac se souvient

Une plaque à la mémoire des 13 femmes et hommes de Trélissac déportés dans le système concentrationnaire nazi entre 1939 et 1945 a été dévoilée mardi 26 septembre.

Ils étaient résistants, opposants politiques, juifs, réfugiés du Bas-Rhin et d’Europe, ...

Francis COLBAC, Maire de Trélissac et Norbert PILME, président de l’AFMD 24 (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) leur ont rendu hommage en présence des trélissacois le mardi 26 septembre à 18h.

Dans un premier temps , M. Vincent GARCIA - résistant, déporté à Buchenwald, passeur de Mémoire - a témoigné de son enfer dans les camps.

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Pendant la guerre d’Espagne, Vincent GARCIA âgé de 12 ans, a vu son père et son jeune frère assassinés par les troupes franquistes. Malgré son jeune âge, celui-ci a dû passer la frontière avec les troupes républicaines. Il a alors subi l’internement sur la plage d’Argelès avant d’être hospitalisé au Mans.

Ayant retrouvé sa mère et ses petites sœurs qui ont dû faire elles-aussi, ils s’installèrent en Périgord en 1939. A 14 ans, il devenait chef de famille. Il devint alors ouvrier agricole. Après sa rencontre avec Lucien DUTARD, résistant au Buisson de Cadouin, il rentre dans le réseau de la Résistance comme « légal et agent de liaison ». Ce réseau ayant été dénoncé, il fut arrêté avec Messieurs DEGUILHEM, CLU, ainsi que deux jeunes parisiens en décembre 1943.  Après avoir été emprisonné à Limoges, il fut transféré au camp de Compiègne-Royallieu puis déporté à Buchenwald le 22 janvier 1944.

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Il revint après la libération du camp le 11 avril 1945 par les troupes américaines.

Adhérent militant témoin de la FNDIRP et de l’AFMD et du Comité du Prix du concours de la Résistance et de la Déportation depuis 10 ans, il témoigne inlassablement auprès des jeunes des CM2 au lycée. Il est actuellement le dernier témoin déporté en capacité physique et morale a sillonné les établissements scolaires de la Dordogne.

Le Musée de la Résistance nationale de Champigny lui a consacré un épisode en bande dessinée dans un ouvrage à caractère pédagogique et au niveau européen. Ce résistant a désormais une rue à son nom à Trélissac.

A la mémoire des 13 femmes et hommes de Trélissac déportés dans le système concentrationnaire nazi entre 1939 et 1945. Ils étaient résistants, opposants politiques, juifs, réfugiés du Bas-Rhin et d’Europe. Dénoncés, arrêtés par l’occupant et le régime de Vichy, torturés et envoyés dans les bagnes et les camps du IIIe Reich, la plupart ont péri dans des conditions barbares de violences physiques et morales jamais atteintes dans l’histoire de l’Humanité.


Soyons vigilants et agissons pour la Paix, la Liberté et la Fraternité universelle.

1939/1945  Les  Déportés et Internés de Trélissac

AUSCHWITZ
Eisenberg Léon
Eisenberg Clara
Szabazon Wolf 
BUCHENWALD  
Garcia Vincent 
Mouton André  
KAUNAS
Ciup  Max   
Felsen  Israël
Gutreich Sandor
MAJDANEK
 Kahn Hugo 
 Prawer Joseph
 Sztern Markus
RAVENSBRUCK  
Nérisson Madeleine 
STRUTHOF
Vetzel Louis 
 
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La terre de la Jarthe ou Lajarte qui paraît avoir été toujours importante, ne fut pas portée dans la liste des fiefs et des repaires indiqués au dénombrement de 1681.

Elle était cependant qualifiée repaire dès le début de XVème siècle, et on la trouve mentionnée avec ce titre dans un grand nombre d’actes de l’état-civil.

M.Dujarric-Descombes a bien voulu me communiquer la note suivante copiée dans l’Histoire manuscrite de la ville de Périgueux, par Chevalier de Cablanc.

Le 24 novembre 1403, Arnaud de Berno et Hélies du Puy furent condamnés à payer aux maire et consuls la rente qu’ils devaient sur le lieu de la Jarte. Du despuis Hélies Dupuy, autrement de la Jarte a donné en eschange au scindic de la ville, ou assigné cette rente sur le village de Clairmont de la Chassaigne de Bas, alias de Bartamont, sans préjudice de l’hommage que la d.ville se réserve sur le d.repaire de la Jarte et sans préjudice aussi de toute la juridiction. Du despuis encore en ont fact hommage J.Dupuy, par contrat du 17me octobre 1509 et, noble Guillaume Dupuy seigneur de la Jarte le 7me février 1530.

La Jarthe était donc un fief de la ville, et nous ne connaissons pas de fait qui ait pu modifier cette situation. Un titre de la collection Veyrel, aux Archives départementales, nous apprend qu’à la fin du XVème siècle, en 1490, la famille Dupuy n’était propriétaire encore qu’en partie de la terre de la Jarthe.

Petrus Belcierii notarius, burgensis et habitator villa Petrachorum, vendidit…..nobili viro magistro Gugliermo Chalupi licentiati….septem solidos turonenses annuatim persolvendos per Ademarium Brun rationae cujusdam tenanciae nemorum et terrarum in loco de la Jarta….

En 1558, elle appartenait à Hélie Dupuy, écuyer, sieur de la Jarthe et de la Raymondie.

En 1572, elle était la propriété de Pierre Veyrel, banquier à Périgueux. Depuis cette époque, cette famille l’a toujours possédée jusqu’à nos jours par les Bonneau, les Desvaulx et les Jarjavay.

Dans son testament daté de 1587, ce Pierre Veyrel demandait à être enterré dans la sépulture de sa famille dans l’église Saint-Front, et léguait à l’hôpital dix écus pour la nourriture des pauvres de Périgueux.

Les Veyrel se titraient seigneurs de la Jarthe et de Crézelou, et quelquefois aussi : « seigneur en partie de la paroisse de Trélissac ».

Jean-Sicaire de Bonneau « fils d’Hélie Bonneau » marié le 7 juin 1743 avec Marguerite Veyrel, hérita de la terre de la Jarthe par testament de son oncle Jérôme Veyrel de la Jarthe, « décédé le 7 février 1750 au repaire noble de la Jarthe ». En 1761, il demanda à être réintégré au rôle de la noblesse du Périgord. Il fit remonter ses preuves de noblesse à l’année 1369. Il se qualifiait : écuyer, seigneur du repaire noble de la Jarthe et y habitait. Il mourut le 18 octobre 1775.

1762, la propriété de la Jarthe se composait d’une maison de maître, avec une chapelle dédiée à saint Roch, de sept métairies et de réserves.

A cette époque, la situation des Bonneau était opulente. Ils possédaient beaucoup d’argenterie. Ils la renouvelèrent en tout ou en partie chez l’orfèvre Brachet le 26 juin 1762. 

Un « livre de raison » appartenant à Mme de Siorac, descendante des Bonneau, nous a transmis le détail d’un marché intervenu entre Coulloudon, maître tapissier à Aubusson, et Jean-Sicaire Bonneau de la Jarthe, qui acheta pour son château de la Jarthe sept pièces, mesurant ensemble 14 aunes un quart, tapisserie double brochée au prix de 17 livres l’aune (1).

La Jarthe se compose aujourd’hui de trois corps de bâtiments autour d’une cour centrale. La chapelle construite en 1632 en exécution du vœu de Jerôme de Veyrel n’existe plus depuis une trentaine d’années.

M. Jarjavay, président du tribunal de première instance de Vendôme, fils du célèbre professeur à la Faculté de médecine de Paris qui mourut en avril 1868, a commencé récemment la restauration des bâtiments.

V. Soc.arch, du Limousin, année 1899, p.110. Les tapisseries marchoises du Périgord, par A.Dujarric-Descombes.

(texte tiré des Notes Historiques sur la commune de TRELISSAC de E. DECOUX-LAGOUTTE).

 

charrierasJe suis arrivée en 1937 dans le village de "CHARRIERAS" j'avais 10 ans, mes parents étaient métayers à la ferme des ETS. ROULEAU.

Ce petit village calme, serein, très agréable situé en pleine campagne et en bordure de l'Isle, comprenait une ferme, une scierie, une charronnerie et une quinzaine de maisons.

Tout cet ensemble était la propriété des ETS ROULEAU qui employait tous les hommes des familles logées dans les habitations du village.

La scierie était alimentée en électricité par le moulin de l'écluse de Charrieras. Un petit ilôt (construit par les ouvriers de l'usine) où  se trouvaient les turbines actionnées par l'eau du barrage, qui fournissaient le courant électrique à la scierie et permettaient de faire fonctionner les machines à couper les billes de bois, le parquet, faire la sciure, les ripes etc ...

Grâce à ce moulin tous les habitants du village avait le privilège de recevoir l'électricité chez eux gratuitement ; phénomène rare encore à cette époque.

Un tour de garde était tenu à la semaine par les employés de la scierie afin de surveiller le bon fonctionnement et le nettoyage des turbines, mais aussi d'éventuelles coupures de courant.

Ce courant rare, il fallait l'économiser ! Pour cela, un genre de couvre-feu avait été instauré dans le village de Charrieras.

L'hiver, la coupure d'électricité pour l'usine et les habitations s'effectuait entre 23 heures et 5 heures du matin, l'été entre 20 heures et 6 heures. Petit inconvénient l'été car les coupures étaient nombreuses en période de sécheresse lorsque l'Isle était trop basse et ne pouvait alimenter les turbines.

Pendant la guerre de 1939 - 1942 ce moulin a servi à moudre le grain (maïs, blé, orge, seigne, ...) et le mettre en farine (service rendu gratuitement aux personnes qui portaient le grain au moulin). Il a également été utilisé pour faire l'huile de noix.

De très bons souvenirs.

Trélissac, le 14 février 2010.

Yvonne BUFFIERE.

Au sommet de la colline abrupte qui domine la plaine de Trélissac, on aperçoit, au-dessus d’un massif de vieux arbres, un toit aigu dominant les hautes cimes. C’est l’ancien repaire noble de la Mothe.

Les Maire et Consuls en firent hommage au Roi en 1681.

Il est déchu de son ancienne splendeur et n’est plus aujourd’hui qu’une dépendance de la terre de Trélissac. Quoique je ne puisse en fournir aucune preuve formelle, il me paraît impossible, étant donnée sa situation, qu’il n’ait pas joué un rôle au point de vue militaire pendant les guerres qui, si longtemps, ont désolé la contrée autour de lui.

Il y a deux ans, en établissant la chaussée d’une route construite par Mme Magne à travers les bois de pins qui dominent la route nationale, on a trouvé, couchés sur le côté droit et se touchant, deux squelettes dont les ossements tombaient en poussière au moindre contact. A côté d’eux, on a ramassé un biscaïen complètement oxydé. Lorsque les terrassiers ont voulu faire tomber la terre qui le recouvrait en partie, en le frappant sur une pelle, il s’est brisé en un grand nombre de morceaux. On s’est donc battu autour du château, et il est probable que si on fouillait méthodiquement le sol des bois et du plateau, on trouverait d’autres victimes des désastres de jadis.

Au –dessous du château, au flanc de la colline sort du fond d’une grotte une source abondante. La tradition populaire veut que cette grotte soit l’orifice d’un cluseau qui aurait débouché dans l’intérieur de l’édifice, mais je n’ai trouvé aucun titre qui puise appuyer cette version, et l’état des lieux ne permet pas à première vue de juger de sa véracité.

Les Baffet étaient une vieille famille du pays. Nous en trouvons un en 1633, Guillaume, marié à Catherine de Landry, sœur de Grimoard de Landry, sieur de Landry, habitant le château de Lauterie. Il se qualifiait de seigneur de Lagarde.

Dans la seconde partie du XVIIe siècle, Eymery Baffet, sieur de la Vigerie, épousa damoiselle Honorée Veyrel, et mourut laissant à sa survivance sa veuve et ses trois enfants : 1° Jean-Sicaire de Baffet, écuyer, seigneur de la Mothe-Pinot ; 2° Catherine, dite Marguerite ; 3° autre Catherine. L’attribution de la tutelle de ces enfants mineurs donna lieu à un procès en février 1681.

La Mothe avait été probablement apportée en dot par Honorée Veyrel, car on remarquera que son mari est qualifié sieur de la Vigerie, alors qu’on donne à son fils aîné le titre de seigneur de la Mothe-Pinot. Cette terre très importante resta la propriété de la famille Baffet, jusqu’à la Révolution. Elle se composait de deux parties bien distinctes, quoique contigües, la Mothe et Pinot. Ce dernier village est aujourd’hui inconnu dans la commune sous ce nom et s’appelle les Rivaux.

En 1670, Eymery Baffet, sieur de la Vigerie et de Pinot, avait, par acte notarié, acquis de M. Dupuy, prêtre, vicaire perpétuel de Trélissac, l’emplacement de quatre tombeaux dans l’église paroissiale et le droit de plaçage d’un banc, à la charge par lui de donner : 1° une lampe en acier de quinze livres ; 2° dix livres pour faire faire la balustrade du grand autel ; 3° à chaque fête de Noël vingt sols pour les réparations de l’église ; 4° dix sols tous les ans à son intention ; 5° enfin un carcan d’or pour faire faire un ciboire en argent.

Les actes de naissance de Trélissac font mention, en 1727, d’un Antoine Baffet, docteur en médecine, parrain d’autres Antoine Baffet, plus tard garde du corps du Roi, écuyer, seigneur de la Mothe et Pinot, et marié à Victoire Le Caron ; celui-ci mourut le 28 juillet 1789.

Sur les registres de l’état civil, je trouve le récit d’un curieux procès intenté par Antoine II Baffet au curé de Trélissac. Je transcris ici la déclaration faite par le curé, à la suite de la condamnation prononcée contre lui, par défaut, par la sénéchaussée de Périgueux le 28 juillet 1769.

« Aujourd’hui 1er du mois d’août 1769, a comparu au greffe de la présente ville et sénéchaussée, Me Jean de Leymarie, écuyer, prêtre, curé de la paroisse de Trélissat, lequel ayant pris lecture et connaissance de l’appointement rendu en la cour sénéchalle, le 28 juillet dernier, par la signification qui lui en a été faite le 31 du même mois, pour obéir à la justice. Déclare que la qualité d’écuyer est dûe au sieur Baffet de la Mothe, et consent que la présente déclaration, de même que la présente déclaration, de même que le d.appoitement, soient inscrits tant sur le registre des baptêmes et sépultures de la d. paroisse de Trélissat par lui remis au greffe que sur ceux qui restent dans la d. paroisse, lesquels il représente à ces fins. De tout quoi il requiert acte et a signé : Leymarie, curé de trélissat ».

Jean-Sicaire, fils d’Antoine, émigra. Ses biens furent saisis et vendus en deux lots comme biens nationaux. Le premier lot fut adjugé à Rose Baffet-Lamothe pour 65500 livres et resta la propriété de la famille. Le second fut acquis par Pierre Desvaux pour la somme de 122500 livres.

A la suite de mariages successifs la Mothe appartint aux Pourquery de Labigotie, puis aux de Lascous qui l’ont vendu à Mme Magne.

Les Rivaux ou Pinot appartiennent à plusieurs propriétaires.

 

Notes historiques de TRELISSAC - E. DECOUX-LAGOUTTE

 

Si aujourd'hui TRELISSAC est reconnue comme une commune à part entière avec un territoire clairement défini et une identité prope, il fut d'autres temps - comme en atteste cette lettre adressée au Préfet par le conseil municipal le 20 février 1869 - où Périgueux cherchait à la déposséder d'une partie de ses biens.

L'an 1869 et le 20 février, le conseil municipal a adressé à Monsieur le Préfet la proposition suivante :

"Monsieur le Préfet,

 

Le conseil municipal de la commune de Trélissac a l'honneur de vous exposer qu'ayant eu connaissance des projets d'annexion qui propose la municipalité de Périgueux pour enclaver dans la ville une partie de Trélissac, il vient protester contre cette prétention. Il ne peut être, Monsieur le Préfet, dans l'intérêt du gouvernement de l'Empereur de permettre une spoliation qui mécontenterait une commune qui lui est dévouée et contraire aux habitants de Périgueux qui signent une protestation contre ce projet.

 

Par une ordonnance royale du 20 janvier 1830 on a déjà distrait une partie de Trélissac en faveur de l'agrandissement de Périgueux. Est-il raisonnable que la ville vienne périodiquement et à ses heures dans l'intérêt de son action, de ses projets intempestifs ou de ses emprunts, réduire de nouveau la population de Trélissac, par conséquent les ressources déjà si minimes de son budget.

 

Connaissant votre justice et votre bienveillance pour les campagnes, nous venons avec confiance, Monsieur le Préfet, solliciter votre appui contre ces prétentions, car si l'administration favorisait ces pertubations que rien ne justifie, la commune aurait à supporter pour la seconde fois pour ses chemins et ses impôts des charges d'autant plus lourdes qu'elles seraient réparties sur un nombre moins considérable de contribuables."

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